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 Vendredi 4 Juillet
 Événements/Histoire du 4 Juillet
    

Leconte de Lisle
sa vie, son oeuvre

Un poème au hasard


 
Ô nymphe ! S'il est vrai qu'éros, le jeune archer,...


Ô nymphe ! S'il est vrai qu'éros, le jeune archer,
ait su d'un trait doré te suivre et te toucher ;
s'il est vrai que des pleurs, blanche fille de l'onde,
étincellent pour moi dans ta paupière blonde ;
que nul dieu de la mer n'est ton amant heureux,
que mon image flotte en ton rêve amoureux,
et que moi seul enfin je flétrisse ta joue ;
je te plains ! Mais éros de notre cœur se joue,
et le trait qui blessa ton beau sein, ô Glaucé,
sans même m'effleurer dans les airs a glissé.
Je te plains. Ne crois pas, ô ma pâle déesse,
que mon cœur soit de marbre et sourd à ta détresse :
mais je ne puis t'aimer : Cybèle a pris mes jours,
et rien ne brisera nos sublimes amours.
Va donc, et tarissant tes larmes soucieuses,
danse bientôt, légère, à tes noces joyeuses !
nulle vierge, mortelle ou déesse, aux beaux corps,
n'ont vos soupirs divins ni vos profonds accords,
ô bois mystérieux, temples aux frais portiques,
chênes qui m'abritez de rameaux prophétiques,
dont l'arome et les chants vont où s'en vont mes pas,
vous qu'on aime sans cesse et qui ne trompez pas !
Qui d'un calme si pur enveloppez mon être,
que j'oublie et la mort et l'heure où j'ai dû naître.
ô nature, ô Cybèle, ô sereines forêts,
gardez-moi le repos de vos asiles frais ;
sous le platane épais d'où le silence tombe,
auprès de mon berceau creusez mon humble tombe ;
que Pan confonde un jour, aux lieux où je vous vois,
mes suprêmes soupirs avec vos douces voix,
et que mon ombre encore, à nos amours fidèle,
passe dans vos rameaux comme un battement d'aile !

1845

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