poèmes
 Mardi 8 Juillet
 Événements/Histoire du 8 Juillet
    

Mellin de Saint-Gelais
sa vie, son oeuvre

Un poème au hasard


 
Ode faite au nom d’une demoiselle
Ô combien est heureuse
La peine de celer
Une flamme amoureuse
Qui deux cœurs fait brûler,
Quand chacun d’eux s’attend
D’être bientôt content.

Las on veut que je taise
Mon apparent désir,
Et feigne qu’il me plaise
Nouvel ami choisir :
Mais forte affection
N’endure fiction.

Votre amour froide et lente
Vous rend sage et discret :
La mienne violente
N’entend pas ce secret :
Amour nulle saison
N’est ami de raison.

Si mon feu sans fumée
Est violent et chaud,
Étant de vous aimée
Du reste il ne me chaut :
Soit mon mal vu de tous,
Et seul senti de vous.

Si femme en ma présence
Autre vous entretient,
Amour veut que je pense
Que cela m’appartient :
Car lui et longue foi
Vous doivent tout à moi.

Que me sert que je soie
Avecques Prince ou Roi,
Et qu’ailleurs je vous voie
Sans approcher de moi ?
La peur du changement
Me cause grand tourment.

Quand par bonne Fortune
Serez mien de tout point,
Lors parlez à chacune,
Je ne m’en plaindrai point :
Je vous pri’ cependant
N’être ailleurs prétendant.

Pensez-vous que la vue
Soit assez entre amis,
Ne me voyant pourvue
De ce qu’on m’a promis ?
C’est trop peu que des yeux,
Amour veut avoir mieux.

De vous seul je confesse
Que mon cœur est transi,
Si j’étais grand Princesse,
Je dirais tout ainsi :
Si le vôtre ainsi fait,
Montrez-le par effet.

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