poèmes
 Samedi 28 Juin
 Événements/Histoire du 28 Juin
    

Edgar Poe
sa vie, son oeuvre

Un poème au hasard


 
Ulalume
  Les cieux, ils étaient de cendre et graves ; les feuilles, elles étaient crispées 
  et mornes, les feuilles, elles étaient périssables et mornes. C'était nuit en 
  le solitaire Octobre de ma plus immémoriale année. C'était fort près de l'obscur 
  lac d'Auber, dans la brumeuse moyenne région de Weir, c'était là près de l'humide 
  marais d'Auber, dans le bois hanté par les goules de Weir. Ici, une fois, à 
  travers une allée titanique de cyprès, j'errais avec mon âme ;  une allée de 
  cyprès avec Psyché, mon âme. C'était aux jours où mon coeur était volcanique 
  comme les rivières de scories qui roulent - comme les laves qui roulent instables 
  leurs sulfureux courants en bas de l'Yanek, dans les climats extrêmes du pôle, 
  qui gémissent tandis qu'elles roulent en bas du mont Yanek dans les régions 
  du pôle boréal. Notre entretien avait été sérieux et grave : mais, nos pensées, 
  elles étaient paralysées et mornes, nos souvenirs étaient traîtres et mornes, 
  car nous ne savions pas que le mois était Octobre et nous ne remarquions pas 
  la nuit de l'année (ah ! nuit de toutes les nuits de l'année !) ; nous n'observions 
  pas l'obscur lac d'Auber, bien qu'une fois nous ayons voyagé par là, nous 
  ne nous rappelions pas l'humide marais d'Auber, ni le pays de bois hanté par 
  les goules de Weir. Et maintenant, comme la nuit vieillissait et que le cadran 
  des étoiles indiquait le matin, à la fin de notre sentier un liquide et nébuleux 
  éclat vint à naître, hors duquel un miraculeux croissant se leva avec une double 
  corne, le croissant diamanté d'Astarté distinct avec sa double corne. Et je 
  dis : " Elle est plus tiède que Diane ; elle roule à travers un éther de soupirs 
  : elle jubile dans une région de soupirs, - elle a vu que les larmes ne sont 
  pas sèches sur ces joues où le ver ne meurt jamais et elle est venue passé les 
  étoiles du Lion pour nous désigner le sentier vers les cieux, vers la léthéenne 
  paix des cieux ; jusque-là venue en dépit du Lion, pour resplendir sur nous 
  de ses yeux brillants, jusque-là venue à travers l'antre du Lion, avec l'amour 
  dans ses yeux lumineux. " Mais Psyché, élevant son doigt, dit :
  " Tristement, de cette étoile je me défie, de sa pâleur, étrangement, je 
  me défie. Oh ! hâte-toi ! Oh ! ne nous attardons pas ! Oh ! fuis, et fuyons, 
  il le faut. " Elle parla dans la terreur, laissant s'abattre ses plumes jusqu'à 
  ce que ses ailes traînassent en la poussière, jusqu'à ce qu'elles traînèrent 
  tristement dans la poussière. Je répliquai : " Ce n'est rien que songe : continuons 
  par cette vacillante lumière ! baignons-nous dans cette cristalline lumière 
  ! Sa splendeur sibylline rayonne d'espoir et de beauté, cette nuit : - vois, 
  elle va, vibrante, au haut du ciel à travers la nuit ! Ah ! nous pouvons, saufs, 
  nous fier à sa lueur et être sûrs qu'elle nous conduira bien, nous pouvons, 
  saufs, nous fier à une lueur qui ne sait que nous guider à bien, puisqu'elle 
  va, vibrante, au haut des cieux à travers la nuit. " Ainsi je pacifiai Psyché 
  et la baisai, et tentai de la ravir à cet assombrissement, et vainquis ses scrupules 
  et son assombrissement ; et nous allâmes à la fin de l'allée, où nous fûmes 
  arrêtés par la porte d'une tombe ; par la porte, avec sa légende, d'une tombe, 
  et je dis : " Qu'y a-t-il d'écrit, douce soeur, sur la porte, avec une légende, 
  de cette tombe ? " Elle répliqua : " Ulalume ! Ulalume ! C'est le caveau de 
  ta morte Ulalume ! " Alors mon coeur devint de cendre et grave, comme les feuilles 
  qui étaient crispées et mornes, comme les feuilles qui étaient périssables 
  et mornes, et je m'écriai : " Ce fut sûrement en Octobre, dans cette même nuit 
  de l'année dernière, que je voyageai, je voyageai par ici, que j'apportai 
  un fardeau redoutable jusqu'ici : - dans cette nuit entre toutes les nuits de 
  l'année, ah ! quel démon m'a tenté vers ces lieux ? Je connais bien, maintenant, 
  cet obscur lac d'Auber, cette brumeuse moyenne région de Weir : je connais 
  bien, maintenant, cet obscur lac d'Auber - cette brumeuse moyenne région de 
  Weir : je connais bien, maintenant, cet humide marais d'Auber, et ces pays de 
  bois hantés par les goules de Weir ! " 

ULALUME -- A BALLAD
THE skies they were ashen and sober;
The leaves they were crispèd and sere --
The leaves they were withering and sere:
It was night, in the lonesome October
Of my most immemorial year:
It was hard by the dim lake of Auber,
In the misty mid region of Weir --
It was down by the dank tarn of Auber,
In the ghoul-haunted woodland of Weir.
Here once, through an alley Titanic,
Of cypress, I roamed with my Soul --
Of cypress, with Psyche, my Soul.
These were days when my heart was volcanic
As the scoriac rivers that roll --
As the lavas that restlessly roll
Their sulphurous currents down Yaanek
In the ultimate climes of the Pole --
That groan as they roll down Mount Yaanck
In the realms of the Boreal Pole.
Our talk had been serious and sober,
But our thoughts they were palsied and sere --
Our memories were treacherous and sere;
For we knew not the month was October,
And we marked not the night of the year --
(Ah, night of all nights in the year!)
We noted not the dim lake of Auber,
(Though once we had journeyed down here)
We remembered not the dank tarn of Auber,
Nor the ghoul-haunted woodland of Weir.
And now, as the night was senescent
And star-dials pointed to morn --
As the star-dials hinted of morn --
At the end of our path a liquescent
And nebulous lustre was born,
Out of which a miraculous crescent
Arose with a duplicate horn --
Astarte's bediamonded crescent
Distinct with its duplicate horn.
And I said -- "She is warmer than Dian;
She rolls through an ether of sighs --
She revels in a region of sighs --
She has seen that the tears are not dry on
These cheeks, where the worm never dies,
And has come past the stars of the Lion
To point us the path to the skies --
To the Lethean peace of the skies --
Come up, in despite of the Lion,
To shine on us with her bright eyes --
Come up through the lair of the Lion,
With love in her luminous eyes."
But Psyche, uplifting her finger,
Said -- "Sadly this star I mistrust --
Her pallor I strangely mistrust --
Ah, hasten! -- Ah, let us not linger!
Ah, fly! -- let us fly! -- for we must."
In terror she spoke, letting sink her
Wings till they trailed in the dust --
In agony sobbed; letting sink her
Plumes till they trailed in the dust --
Till they sorrowfully trailed in the dust.
I replied -- "This is nothing but dreaming:
Let us on by this tremulous light!
Let us bathe in this crystalline light!
Its Sybillic splendor is beaming
With Hope and in Beauty to-night: --
See! it flickers up the sky through the night!
Ah, we safely may trust to its gleaming,
And be sure it will lead us aright --
We surely may trust to a gleaming,
That cannot but guide us aright,
Since it flickers up to Heaven through the night."
Thus I pacified Psyche and kissed her,
And tempted her out of her gloom --
And conquered her scruples and gloom;
And we passed to the end of a vista,
But were stopped by the door of a tomb --
By the door of a legended tomb;
And I said -- "What is written, sweet sister,
On the door of this legended tomb?"
She replied -- "Ulalume -- Ulalume! --
'T is the vault of thy lost Ulalume!"
Then my heart it grew ashen and sober
As the leaves that were crisped and sere --
As the leaves that were withering and sere;
And I cried--"It was surely October
On this very night of last year
That I journeyed -- I journeyed down here! --
That I brought a dread burden down here --
On this night of all nights in the year,
Ah! what demon hath tempted me here?
Well I know, now, this dim lake of Auber --
This misty mid region of Weir --
Well I know, now, this dank tarn of Auber --
This ghoul-haunted woodland of Weir."
Said we, then -- the two, then -- "Ah, can it
Have been that the woodlandish ghouls --
The pitiful, the Merciful ghouls --
To bar up our way and to ban it
From the secret that ties in these wolds --
From the thing that lies hidden in these wolds --
Have drawn up the spectre of a planet
From the limbo of lunary souls,
This sinfully scintillant planet
From the Hell of the planetary souls?"



                              
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