poèmes
 Mardi 8 Juillet
 Événements/Histoire du 8 Juillet
    

Edgar Poe
sa vie, son oeuvre

Un poème au hasard


 
Pour Annie
  Grâce au ciel ! la crise, le danger est passé, et le traînant malaise loin 
  enfin, et la fièvre appelée " Vivre " est vaincue enfin. C'est tristesse, je 
  le sais, que d'être dénué de ma force, et je ne meus pas un muscle, moi qui 
  gis tout de mon long, mais n'importe ! Je sens que je suis mieux à la longue. 
  Et je reste si posément maintenant dans mon lit, qu'un spectateur pourrait s'imaginer 
  ma mort, pourrait tressaillir au spectacle, me croyant mort. Geignement et gémissement, 
  le soupir, le sanglot, sont maintenant apaisés, avec cet horrible battement 
  du coeur :, ah ! cet horrible, horrible battement ! Le malaise, la nausée, l'impitoyable 
  douleur, ont cessé, avec la fièvre et sa démence au cerveau, avec la fièvre 
  appelée " Vivre " qui brûlait dans mon cerveau. Oh ! et de toutes tortures, 
  cette torture, la pire, s'est abattue, la terrible torture de la soif pour le 
  fleuve bitumineux de passion maudite :, j'ai bu d'une eau qui étanche toute 
  soif, D'une eau qui coule avec des syllabes endormantes hors d'une source rien 
  qu'à très peu de pieds sous terre, hors d'une caverne pas très avant située 
  sous la terre. Ah ! et que jamais on ne dise, sottement, que ma chambre est 
  obscure, ni étroit mon lit ; car homme n'a jamais dormi dans un lit différent, 
  et, pour dormir, vous aurez juste à sommeiller dans un tel lit. Mon esprit à 
  la Tantale ici se repose agréablement, oubliant ou ne regrettant jamais ses 
  roses, ses vieilles agitations de myrtes et de roses : Car voici que, tout en 
  gisant dans sa quiétude, il imagine une odeur plus sainte, alentour, de violettes, 
  une odeur de romarin, entremêlé avec les violettes, avec de la rue et les belles 
  violettes puritaines. Il gît ainsi, heureusement, baigné, par maint songe de 
  la constance et de la beauté d'Annie, noyé dans un bain des tresses d'Annie. 
  Tendrement elle m'embrassa : affectueusement me caressa, et je tombai alors 
  doucement pour dormir sur son sein, dormir profondément à cause des cieux de 
  son sein. A l'extinction de la lumière, elle me couvrit chaudement et elle pria 
  les anges de me garder de tout mal, la reine des anges de me parer de tout mal. 
  Et je gis si posément, maintenant, dans mon lit (connaissant son amour) que 
  vous vous imaginez ma mort, et je demeure si satisfait, maintenant, dans mon 
  lit (avec son amour en mon sein) que vous vous imaginez ma mort, que vous frémissez 
  de me regarder, me croyant mort. Mais pour mon coeur, il est plus brillant, 
  que toutes les multiples étoiles du ciel, car il scintille par Annie, il s'allume 
  à la lumière de l'amour de mon Annie- à la pensée de la lumière des yeux de 
  mon Annie.
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